Immobilier : la guerre commerciale pèse sur les acheteurs
Les ventes immobilières dans la région du Grand Toronto sont à la baisse depuis le déclenchement de la guerre commerciale. Selon la chambre immobilière Toronto Regional Real Estate Board (TRREB), 4037 logements ont été vendus le mois dernier, soit une baisse de 27,4 % par rapport aux 5562 logements vendus en février 2024. Pendant ce temps, 12 066 propriétés ont été nouvellement inscrites dans le Grand Toronto le mois dernier, soit une hausse de 5,4 % par rapport à l'année dernière. Le stock total de biens immobiliers dans la région a d'ailleurs grimpé de 76 % pour atteindre 19 536 logements en vente. Dan Wilkes, président-directeur général de la Building Industry and Land Development Association (BILD), croit que la guerre commerciale entre les États-Unis et le Canada sème l'inquiétude chez les futurs acheteurs. John Pasalis, président de Realosophy Realty, constate aussi une hésitation chez ses clients. L'inquiétude entourant l'imposition des tarifs douaniers et des contre-tarifs survient à un moment où l'industrie de la construction était déjà à bout de souffle. Ce que craint M. Wilkes, c'est que les contre-tarifs fassent bondir les coûts de construction en touchant des matériaux essentiels en provenance des États-Unis. Les coûts liés à la construction de logement dans le Grand Toronto sont déjà exorbitants. Les tarifs viendraient s'ajouter à ce problème. À ce sujet, M. Wilkes espère que les trois paliers de gouvernement voudront en faire plus pour réduire les frais des constructeurs et accélérer la procédure de révision de projets précis. Selon lui, le délai d'approbation d'un projet de construction de logements à Toronto est en moyenne de 22 mois. Si les gouvernements enlevaient la taxe de vente harmonisée et réduisait le délai d'approbation de tous les projets, et non pas uniquement de ceux visant les immeubles locatifs, M. Wilkes estime que les coûts de construction seraient 200 000 dollars moindres par propriété. La mairesse de Toronto, Olivia Chow, explore des options pour réduire les dépenses des constructeurs à Toronto. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada La mairesse, Olivia Chow, rappelle que la Ville a déjà annulé les frais pour de nouveaux projets de construction. Elle a aussi mis sur pied une nouvelle initiative visant à appuyer la construction de 20 000 logements locatifs, dont 16 000 sont des logements expressément destinés à la location. Elle dit poursuivre le dialogue avec des membres de l'industrie pour mieux comprendre quelles autres mesures pourraient les aider à composer avec des tarifs douaniers. La Ville pourrait, par exemple, réduire davantage ses frais imposés aux constructeurs, mais Mme Chow se demande où la municipalité pourrait récupérer ses pertes de revenus. Nathaniel Erskine-Smith, ministre fédéral du Logement, souligne quant à lui l'investissement récent de plus de 7,2 millions de dollars pour la conception et la construction d’un centre de formation professionnelle. Cela permettra, entre autres, de former les prochains travailleurs de l'industrie de la construction, selon lui. Il est temps de construire, c'est certain. Les métiers spécialisés sont essentiels à cet égard. Avec des informations de Chris Glover Les gens préfèrent qu'il y ait une certaine stabilité économique avant d'acheter des propriétés. Les tarifs [douaniers] leur donnent une raison de mettre les projets d'achat en veilleuse
, fait remarquer M. Wilkes. L'imprévisibilité des tarifs crée beaucoup d'anxiété. Les gens ont peur de perdre leur emploi
, dit-il. Les tarifs douaniers compliquent aussi la construction de logements
Nous sommes une des municipalités les plus lentes au pays
, déplore-t-il. La Ville poursuit le dialogue avec des acteurs de l'industrie

On peut encore en faire plus
, admet la mairesse.
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